La fin de l’analyse, analyse sans fin… Un deuil ?

Lorsque nous évoquons la fin de l’analyse entendons-nous par là la fin de la relation psychanalytique analysant/analyste ? Existe t-il une fin de relation ? Comment celle-ci se médiatiserait t-elle ? Une relation avec qui ? Avec l’analyste ou avec soi-même ?Pourrions nous trouver un consensus en émettant l’hypothèse que la rencontre prend fin mais que le processus psychanalytique lui continue ?

Quelles seraient ainsi les conséquences psychiques de la séparation qui sont la clé de voute du travail de fin de l’analyse ? Nous interrogerons cela à la lumière d’une analyse qui se terminerait dans des conditions qui ne se feraient pas avec le décès de l’analyste venant perturber l’équilibre engagé.

La séparation est fondamentale au sens de l’analyse, elle est même présente dès le début lors de la première rencontre avec l’analyste qui signe aussi de la qualité de la rencontre du sujet avec l’objet, lors des premières expériences infantiles.

La séparation serait l’épreuve inévitable du travail psychanalytique avec en arrière fond la question de la rencontre du sujet d’avec l’objet mais aussi de comment celui-ci vit, éprouve et accepte le deuil de celui-ci.

Terminer, clôturer une analyse amène à faire le point sur le travail réalisé. C’est un temps de bilan qui permet d’interroger l’expérience vécue au sein de l’espace analytique mais aussi de l’analyser par rapport à la demande initiale lors du franchissement du seuil du cabinet de l’analyste.

Lorsque nous rentrons en analyse, il y a tout un ensemble de sentiments, de souhaits, parfois d’espoirs et d’ambitions face à la demande de délivrance de tel ou tel symptômes, résolution de problématique. Il s’agit alors finalement de dépasser la castration et d’effacer, de réduire toute souffrance de manière victorieuse. L’analysant espère en même temps de façon quelque peu fantasmée accéder à un pouvoir supérieur, et ainsi décupler sa capacité de jouissance. En arrière scène il s’agit de rechercher le regard d’un autre qui le comprendrait et qu’il l’aimerait pour ce qu’il est tout en sachant que se connaître et être reconnu fait partie d’une demande classique. La restauration d’un narcissisme blessé lié au vécu de l’analysant vient en même temps s’y confondre. Ainsi « faire » une analyse ouvre à une expérience relationnelle avec soi et avec l’autre extraordinaire.

Au delà de l’élaboration du projet analytique qui s’effectue tout au long de la cure, il s’agit pour l’analysant à un moment ou un autre de penser la question du deuil de l’objet narcissique d’un moi idéal et de l’omnipotence qui en est liée.

Les besoins libidinaux nourris par le transfert ainsi que la relation d’asymétrie imposée par celui-ci et le cadre proposé suffisent-ils pour créer un espace possible de symbolisation et de créativité vis à vis de la demande initiale ? Ainsi le travail de deuil ne s’opérerait pas qu’essentiellement à la fin de la cure, mais tout au long de celle-ci. Divers moments qui jalonnent le temps d’un analysant en analyse permettraient que celui-ci se confronte à la perte et au deuil et ainsi de supporter constamment en lui même le travail de différenciation. Ne serait-ce pas là en même temps une véritable conquête du désir à opérer ?

Banquet de Platon – Socrate et Alcibiade

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